Vous venez d’embaucher votre premier salarié ? Félicitations. Mais ce premier recrutement entraîne également de nouvelles obligations pour votre entreprise.
Dès l’embauche du premier salarié, l’employeur doit s’immatriculer auprès de la CNPS, déclarer son
salarié et procéder chaque mois à la déclaration ainsi qu’au paiement des cotisations sociales dues.
Une omission ou un retard dans l’accomplissement de ces formalités peut entraîner des pénalités, des
redressements et des difficultés en cas de contrôle social.
Recruter un salarié ne se limite donc pas à signer un contrat de travail : c’est aussi l’entrée de
l’entreprise dans le système de sécurité sociale.
Le cas
Aïcha a créé une SARL de communication à Douala en septembre 2026. Souhaitant développer
rapidement son activité, elle recrute un graphiste qui commence à travailler dans l’entreprise le 2
novembre 2026.
Pressée par le lancement de plusieurs projets, elle reporte certaines formalités administratives. Aucun
contrat de travail écrit n’a encore été signé avec le salarié et Aïcha considère que les démarches auprès
de la CNPS peuvent attendre quelques mois, estimant que ces obligations concernent surtout les
grandes entreprises disposant d’un effectif important.
Quelques semaines plus tard, lors d’un échange avec un conseiller, elle découvre que les règles
applicables aux employeurs pourraient être différentes de ce qu’elle imaginait.
Question:
Aïcha était-elle tenue d’accomplir des formalités auprès de la CNPS dès l’embauche de ce premier
salarié ? L’absence de contrat de travail écrit lui permet-elle de différer ses obligations de déclaration
et de cotisation sociale ?
CORRECTION : Ce que la loi impose
Oui. Dès l’embauche de son premier salarié, Aïcha était tenue d’accomplir les formalités requises
auprès de la CNPS. Le fait qu’aucun contrat de travail écrit n’ait encore été signé ne la dispense pas de
ces obligations. En matière de sécurité sociale, c’est l’existence d’une relation de travail effective qui
déclenche les obligations de l’employeur, et non la signature d’un document écrit.
Dans sa situation, trois obligations successives s’imposaient :
- Immatriculer son entreprise à la CNPS en qualité d’employeur, dès l’embauche de son premier
salarié. - Faire immatriculer le salarié, au plus tard dans les huit jours suivant son recrutement.
- Effectuer mensuellement les déclarations de salaires et le paiement des cotisations sociales
dues à la CNPS.
Pour Aïcha, ces obligations ont pris effet dès le 2 novembre 2026, date d’entrée en fonction de son
graphiste. Le délai de huit jours pour l’immatriculation du salarié a donc commencé à courir à compter
de cette date, indépendamment de la signature d’un contrat de travail écrit.
Les erreurs que nous rencontrons le plus souvent
- Attendre la signature d’un contrat de travail.
L’obligation de déclaration naît dès l’embauche effective du salarié. L’absence de contrat
écrit ne suspend ni l’immatriculation à la CNPS ni le paiement des cotisations sociales. - Mal calculer le délai d’immatriculation du salarié.
Le délai de huit jours court à compter de la date d’embauche. Il ne commence ni à la fin du
mois, ni à la date du premier salaire, ni à la date d’établissement du contrat. - Croire que l’immatriculation suffit.
L’immatriculation n’est que la première étape. L’employeur doit ensuite transmettre
régulièrement ses déclarations sociales et s’acquitter des cotisations correspondantes.
Chaque mois de retard peut entraîner des pénalités et majorations. - Déposer un dossier incomplet.
Une pièce manquante ou erronée peut retarder l’immatriculation de l’employeur ou du
salarié et compliquer la mise en conformité de l’entreprise.
Attention
Attendre que l’activité se développe avant de régulariser sa situation sociale est une erreur fréquente
et coûteuse. Un salarié non immatriculé peut se voir privé de ses droits aux prestations sociales et
signaler la situation à la CNPS. L’employeur s’expose alors à un contrôle, à un rappel de cotisations et
à l’application de majorations de retard.
En pratique, une régularisation tardive est presque toujours plus onéreuse qu’une déclaration
effectuée dans les délais légaux.
Base légale
- Ordonnance n° 73-17 du 22 mai 1973 portant organisation de la prévoyance sociale, article
4 : toute personne qui emploie un travailleur est assujettie au régime de prévoyance sociale
et doit être immatriculée à la CNPS. - Décret n° 74-733 du 19 août 1974, article 5, alinéa 2 : la demande d’immatriculation du
travailleur est établie par l’employeur dans un délai de huit jours à compter de l’embauche.
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